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Vie sentimentale
Dans les 2 extraits suivants, il apparaît clairement que Charlotte Corday n'a pas été amoureuse.
  • Extrait du manuscrit de Mme Maromme, amie de Charlotte « La jeunesse de Charlotte Corday, Auguste Casimir-Périer, Revue des Deux Mondes, 1862. »
    [...] On a imprimé à diverses reprises que Mlle d'Armont avait aimé le jeune vicomte de Belsunce, et que c'était pour le venger que, quatre ans plus tard, elle avait poignardé Marat. On en a dit autant de Barbaroux, car la tragédie sans amour ne répond pas au goût du siècle. Ces deux assertions sont également fausses et absurdes : non seulement elle n'a jamais aimé M. de Belsunce, mais elle se moquait de ses manières efféminées. Aucun homme ne fit la moindre impression sur elle ; ses pensées étaient ailleurs. Je puis du reste affirmer que rien n'était plus éloigné d'elle que l'idée du mariage. Elle avait refusé plusieurs partis fort convenables et déclaré sa ferme résolution de ne pas changer de position.
    Était-ce que cet esprit si fier se révoltât à la seule pensée de se soumettre à un être inférieur à elle ? était-ce répugnance de cette âme virginale ? Je ne l'ai jamais su ; mais, d'après le cours de nos conversations intimes, si souvent répétées, j'atteste que nul ne put jamais se vanter de lui avoir plu, d'avoir pris une place quelconque dans son coeur. « Jamais, me disait-elle quelquefois, je ne renoncerai à ma chère liberté ; jamais vous n'aurez, sur l'adresse de vos lettres, à me donner le titre de madame ».
    Ni Barbaroux ni aucun de ses collègues, avec lesquels ses rapports sont postérieurs à mon séjour à Caen, n'a pu altérer cette résolution inébranlable. Leur liaison avec elle fut toute politique. Son coeur héroïque n'était susceptible que d'un seul amour, le plus noble de tous, auquel elle a tout sacrifié, l'amour de la patrie.
    Elle était, je crois l'avoir déjà dit, d'une extrême réserve, timide même, dénuée de toute coquetterie. Elle ne cherchait ni à plaire ni à briller. Pieuse par sentiment dès sa plus tendre enfance, elle avait, dans son long séjour à l'Abbaye-aux-Dames, fortifié ses croyances religieuses, qui étaient aussi profondes que sincères [...]
  • Extraite de l'ouvrage « Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, publiée par G. d'Heylli, 1888, p122 », voici une lettre qui résume bien la vie sentimentale de Charlotte Corday.
    Lettre de Henri Welschinger (1846-1919) au journal "Le Temps".
    Paris 23 janvier 1888
    Vous avez annoncé que M. Gounod allait écrire un opéra lyrique sur Charlotte Corday. On dit déjà que Mme Krauss chantera le rôle de Charlotte, et Talazac celui de Barbaroux. Ceci nous fait prévoir des scènes tendres et passionnées, et un ou plusieurs duos d'amour... Or, il importe de ne point oublier que tout ce que l'on a publié sur l'amour de Barbaroux et de Charlotte Corday est complètement faux. Ni le major de Belzunce, ni Boisjugan de Maingré, ni un certain Franquelin, ni le procureur général syndic Bougon-Longrais, ni le jeune et éloquent député de Marseille, n'eurent le don de plaire à Charlotte Corday. La seule passion de cette fille sublime a été la France. Et comme l'a fort bien dit Edgar Quinet : « Si jamais son coeur brûle, ce ne sera pas d'une flamme vulgaire, terrestre ». Dans l'Adresse aux Français, qu'elle écrivit à Paris, pendant la nuit du 12 au 13 juillet, et que l'on saisit sur elle après l'assassinat de Marat, se trouvent ces lignes significatives : « Ô ma patrie, tes infortunes déchirent mon coeur! Je ne puis t'offrir que ma vie, et je rends grâce au Ciel de la liberté que j'ai d'en disposer ; personne ne perdra par ma mort ». Elle n'éveilla qu'une passion, mais au pied même de l'échafaud où elle allait monter. Ce fut dans l'âme d'Adam Lux, député de Mayence à la Convention, qui, soudainement épris de sa beauté et de son héroïsme, la déclara « plus grande que Brutus », et, ayant obtenu du tribunal révolutionnaire sa propre condamnation, s'écria « Je mourrai donc pour Elle ! » Il faut espérer qu'on laissera à cette héroïne sa grandeur tragique, et qu'on ne lui fera pas chanter, sur une scène française, des airs amoureux. Le poète et le musicien ne peuvent célébrer que son ardent patriotisme, sa généreuse abnégation et son dédain suprême de la vie. Croyez, mon cher ami, à mes meilleurs sentiments.
    Henri Welschinger.



Les personnages cités ci-dessus ont été répertoriés par des biographes et par des romanciers comme ayant été amoureux de Charlotte. En voici donc un résumé où l'on constate que cinq sur six sont décédés de mort violente et un qui est mort de désespoir !!! Idéal pour alimenter la légende.
  • Vicomte Henri de Belsunce :
    photo Né le 5 janvier 1765 à Méharin - Pyrénées Atlantiques (source geneanet.org), il est Major en second du régiment Bourbon-Infanterie en garnison à Caen à partir d'avril 1789. S'étant rendu très impopulaire dans cette ville, le 12 août 1789 devant l'église St-Pierre de Caen il est massacré et dépecé par la foule, un acte de cannibalisme a lieu (acte de décès de la paroisse St-Pierre). Ces faits sont confirmés par les auditions de nombreux témoins. E. Albert-Clément dans "La vraie figure de Charlotte Corday" décrit en détail les évènements des journées du 11 et 12 août 1789.
    Henri de Belsunce était en parenté éloignée avec Mme de Belzunce (décédée en 1787), abbesse de Ste-Trinité là où Charlotte était pensionnaire. En 1865, Cheron de Villiers dans "Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont" pages 27 et suite, raconte l'attachement des deux amoureux à partir de 1787, interrompu brutalement un 12 août.
    En 1905, dans "Le Cabinet Secret de l'Histoire N°3 p166", le Dr Cabanès démontre l'impossibilité de cette liaison. Entre autre raison, ce Major est arrivé à Caen en mai 1789 et non en 1787. Malgré tout, en 1789, Charlotte avait 21 ans et était "secrétaire" de l'abbesse. Elle pouvait sortir du couvent et a certainement pu croiser cette personne.
    (Portrait de Henri de Belsunce, miniature sur boîte ronde en 1784, par Jean Laurent Mosnier (1743-1808) - Notice Joconde).
    Lire la suite en annexe


  • Barbaroux, Charles-Jean-Marie :
    photo Né à Marseille La Major le 6 mars 1767 et guillotiné à Bordeaux le 7 messidor An2 (25/6/1794).
    Député girondin, proscrit par les montagnards le 2 juin 1793, arrêté, il réussit à s'échapper et vient se réfugier à Caen avec 17 autres proscrits.
    Charlotte Corday le rencontrera 3 fois à l'Hôtel de l'Intendance, toujours accompagnée du domestique de Mme de Bretteville et en public. Elle l'utilisera afin d'obtenir une lettre d'introduction auprès de Duperret à Paris pour régler un problème de pension à son amie Alexandrine de Forbin.
    Il était réputé pour être élégant, bel homme, Charlotte a sympatisé avec lui, raison pour laquelle elle lui adressera une lettre devenue célèbre depuis la prison de la Conciergerie. Interceptée par le tribunal révolutionnaire, il ne la recevra jamais. La lettre authentique est visible sur la page [Autographes].

  • Bougon-Longrais, Jean-Charles-Hippolyte :
    Né à Caen St-Pierre le 23 août 1765 et guillotiné à Rennes le 16 Nivose An2 (05/01/1794).

    [...] Le signalement que contient ce passe-port donne un aperçu de sa personne. En voici le texte : « Passeport délivré au citoyen J. C. Hypolite BOUGON, Procureur général Syndic du Département du Calvados, natif et domicilié à Caën, âgé de vingt-sept ans : Taille de cinq pieds trois pouces, Cheveux blonds, Yeux bleus, Nez gros aquitain, Menton rond, Visage oval. Pour aller dans l'intérieur de la République. ». [...] (Extrait de "Bibliographie de Charlotte Corday par Ch. Vatel en 1872")

    [...] « De son vrai nom Bougon-Duclos, il se fit appeler Bougon-Longrais, peut-être à cause du village de Longraye près de Caumont-l'Eventé. Il était le fils d'un épicier de la Place Saint-Pierre de Caen. Bougon-Longrais suivit des études à l'université de Caen. A 19 ans, il obtint le grade de bachelier en droit, puis l'année d'après il reçut sa licence. Représentant de la commune, il devint en 1791 secrétaire général du département du Calvados, en remplacement de Georges Bayeux, mort guillotiné. Proche et amoureux de Charlotte Corday, l'assassinat de Marat l'obligea à fuir. Il se rallia alors à la cause vendéenne. Arrêté avec le chef des vendéens, le Prince Talmont, il fut guillotiné en janvier 1794 à Rennes » [...]
    (source "Calvadocyclopédia dictionnaire du Calvados" lettre B, sur calameo.com).

    Une lettre est demeurée célèbre, celle qu'il écrivit à sa mère le matin de son exécution.
    [...] « Non, ma mère ! Il n'en coûte point à votre fils de quitter la vie. Depuis longtemps, elle avait cessé d'avoir des charmes pour moi. Eloigné de vous, privé des personnes qui m'étaient les plus chères, ne voyant plus pour ainsi dire que des hommes lâches ou féroces, témoin des proscriptions sanguinaires qui poursuivent les vertus, le courage ou les talents et éteignent tous les sentiments généreux, sans espoir de voir bientôt finir cette crise terrible, que me reste t-il à désirer si ce n'est mourir ?
    Encore, si dans mes derniers instants, j'avais pu, comme ma chère Corday, m'endormir au sein d'une illusion douce et trompeuse et croire au retour prochain de l'ordre et de la paix dans mon pays; mais non, j'emporte avec moi l'idée déchirante et trompeuse que le sang va couler encore à plus grands flots...
    Oh ! Charlotte Corday, oh! ma généreuse amie ! Toi dont le souvenir occupa sans cesse ma mémoire et mon coeur, attends, je vais te rejoindre; le désir de te venger m'avait fait jusqu'à ce jour supporter l'existence. Je crois avoir satisfait à ce devoir sacré. Je meurs content et digne de toi.
    A Dieu, ma tendre mère, à Dieu ... L'instant approche, on me presse, on m'enlève jusqu'à la douceur de m'entretenir plus longtemps avec vous. A Dieu ... je vous embrasse, vous et mes amis fidèles, qui sont encore présents à ma mémoire et auxquels je consacre, ainsi qu'à vous, tous mes sentiments, tous mes hommages, et mon dernier soupir.
    Jean Charles Hyppolite Bougon-Longrais, ex-procureur général syndic du Calvados.
    De la prison de Rennes, le 5 janvier 1794. Le dernier de mes jours, à 8 heures du matin. » [...]


    Charlotte rencontrait souvent ce jeune homme à Caen. Ils avaient un goût commun pour la littérature et elle avait de l'affection pour lui. C'est ce que fait apparaitre ce paragraphe dans sa lettre à Barbaroux terminée le 16 juillet à la Conciergerie :
    [...] « Je vous prie de faire part de ma lettre au citoyen Bougon, procureur général syndic du département. Je ne la lui adresse pas par plusieurs raisons : d'abord je ne suis pas sûre que, dans ce moment, il soit à Evreux ; je crains de plus que, étant naturellement sensible, il ne soit affligé de ma mort. Je le crois cependant assez bon citoyen pour s'en consoler par l'espoir de la paix : je sais combien il la désire, et j'espère qu'en la facilitant j'ai rempli ses voeux. »[...]
    Cette lettre fut interceptée par le tribunal avant d'être classée aux archives impériales et ne parvint donc jamais à son destinataire.

  • Boisjugan de Maingré :
    Appelé aussi Emeric Louis Charles de Godefroy du Maingré (1760 à St-Jean-de-Daye - 1792 à ?). Lieutenant de vaisseau, il émigre en 1791. En 1792, il est arrêté les armes à la main et fusillé.
    En 1985, dans son roman "La lettre à Alexandrine", Catherine Decours raconte les aventures amoureuses de Maingré et de Charlotte, depuis leur rencontre lors d'un bal au Mesnil-Imbert (elle avait 16 ans) jusqu'à une promesse de mariage, puis leur séparation à la fin 1790 pour cause d'émigration du jeune homme. Ce Monsieur de Maingré avait 2 soeurs plus agées que lui et qui étaient religieuses à la Ste-Trinité, ce qui lui autorisait des visites pour rencontrer Charlotte.
    Bien sûr cette histoire est un roman, rien ne venant la confirmer.

  • Franquelin :
    L'histoire d'amour de ce personnage est généralement considérée comme étant une fable. Il serait mort de désespoir à Vibraye (Sarthe) après la mort de Charlotte, mais ce nom n'apparaît pas dans les registres de l'époque.
    C'est M. de la Sicotière qui a mis cette histoire en circulation et c'est sur son récit que le poète Alphonse de Lamartine a brodé (Histoire des girondins, tome13 p48).
    [...] Une vieille domestique, écrit M. de la Sicotière, entra un jour au Mans dans un riche cabinet de peinture ; une copie du tableau d'Henri Scheffer s'y trouvait ; à sa vue, la vieille servante s'arrêta, puis, rappelant ses souvenirs :
    - Voilà Charlotte Corday, dit-elle en montrant la pâle et noble figure de l'héroïne...
    - Comment le savez-vous ? lui demanda son maître.
    Alors la vieille femme raconta une étrange histoire : vers l'époque où mourut Charlotte Corday, un jeune homme était venu habiter Vibraye avec sa mère ; il était originaire de Normandie et portait le nom de Franquelin. Ce jeune homme était en proie à une continuelle mélancolie ; on le disait atteint d'une maladie de poitrine ; il ne tarda pas à y succomber. La vieille femme, jeune alors, qui le servait, le voyait souvent contemplant une miniature, qui ne le quittait pas, ou lisant des lettres qu'il arrosait de ses larmes ; elle se hasarda un jour à l'interroger.
    - Ce portrait, lui répondit-il, est celui d'une femme que j'ai aimée, de Charlotte Corday ; ces lettres sont les siennes, et, quand je serai mort, je veux que lettres et portrait soient ensevelis avec moi. Il mourut, et sa dernière volonté fut obéie. [...]

    Ainsi aurait été emporté dans la tombe le secret de l'amoureux de Charlotte !...
    Pardonnons au poète d'avoir idéalisé le témoignage d'une commère, qui, grâce à lui, passera à la postérité.
    (Source "Le Cabinet Secret de l'Histoire No3 p167" par le Dr Cabanès)

  • Adam Lux :
    photo Né le 27 décembre 1765 (ou 1766) à Obernburg-am-Main et guillotiné le 4 novembre 1793 à Paris.
    Adam Lux adhère avec enthousiasme aux idées révolutionnaires françaises. Il demande et obtient la nationalité française et il devient député extraordinaire de l'éphémère République de Mayence (source wikipédia).
    Adam Lux ne rentre pas dans la catégorie des amours de Charlotte Corday en Normandie puisqu'elle ne l'a pas connu, celui-ci étant devenu fou amoureux d'elle sur le parcours de la charrette emmenant Charlotte à l'échafaud le 17 juillet.
    A partir de cet instant, son obsession sera de mourir comme elle. Ses écrits, ses déclarations l'amènent devant le tribunal révolutionnaire qui le condamne à mort comme il le souhaitait. Ses phrases restées célèbres seront « Plus grande que Brutus » - « Je vais donc mourir pour Charlotte Corday ». Il existe de nombreux ouvrages relatant cette histoire.
    (portrait Stadtarchiv Mayence)

  • Autres amoureux de fiction créés à l'occasion de spectacles :
    • Robert Lacouture, artiste amoureux de Charlotte dans "Charlotte Corday", drame lyrique en trois actes, musique de Léon Manière, livret de Maurice-Charles Renard.
      Création à Caen à l'occasion des 100 ans du Théâtre Municipal. Représentations les 8-10 et 12 décembre 1937.
      Site détaillé concernant ce spectacle. Voir le lien "La distribution" pour lire l'argument du drame, page 6 du programme.

    • Corbigny, fiancé de Charlotte dans "Charlotte Corday ou La Rebellion du Calvados" par Henri Zschokke, 1794. Tragédie républicaine en quatre actes, épisode du temps de la Révolution française.

    • D'Aiglemont, prétendant à la main de Charlotte dans "Charlotte Corday ou la Judith Moderne". Tragédie en trois actes et en vers, attribuée à Hector Chaussier, Imprimerie des Nouveautés de Caen, édition 1797.

    Parmi d'autres, ces 2 derniers personnages apparaissent en 1872 dans l'ouvrage de Charles Vatel "Bibliographie dramatique-historique de Charlotte de Corday" qui décrit toutes les tragédies théâtrales en rapport avec cette héroïne. Une grande liberté est prise avec la réalité et souvent un amoureux renforce l'effet dramatique du spectacle.



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