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Caen Saint-Gilles
Résumé historique

C'est dans ce faubourg de Caen, appelé Bourg-l'Abbesse, paroisse St-Gilles, que la famille Corday s'installe en 1776. Le père de Charlotte en conflit avec la famille de son épouse, pour non paiement de rente, leur intente un procès dans cette ville et il était fréquent de s'installer dans un lieu proche du tribunal pour une durée qui pouvait être longue.
Cependant à partir de 1777, il semble que Charlotte fera de fréquents séjours à Vicques chez son oncle, l'abbé de Corday, qui sera son tuteur et lui apprendra à lire et écrire.
Le séjour des Corday dans cette paroisse St-Gilles est rarement évoqué par les historiens et l'endroit de leur habitation est assez vague, généralement « ... sur la butte St-Gilles... ». Mais c'est quelquefois la « Rue Basse » qui est indiquée. Catherine Decours dans son roman décrit ainsi la maison : [...] Plus large que haute, la maison de la rue Basse possédait deux étages avec cinq fenêtres par étage. Elle ouvrait sur la chaussée par le moyen d'une belle porte cochère, au n°11 de la rue Basse [...].
Hélène Maurice-Kerymer dans son roman situe aussi cette maison au [...] n°11 rue Basse, avec 5 étages (combles d'habitations compris), à l'intérieur d'une cour avec jardinet donnant sur la rue par une porte cochère. La famille d'Armont occupait le troisième étage [...].
Le plan parcellaire 1810 et la matrice cadastrale 1822-1881 permettent de connaître la position de la maison. La ville de Caen a placé un panneau explicatif au coin de la « Rue Haute » et de la « Venelle Bénard » (voir carte et photos ci-dessous).

Les revenus de la famille, suffisants à la campagne, devenaient très modestes en ville. De plus il fallait subvenir aux dépenses du fils aîné Jacques-François-Alexis, entré à l'Ecole Militaire de Beaumont-en-Auge et se préparer à celles qui allaient bientôt beneficier au plus jeune, Charles-Jacques-François.
Charlotte secondait sa mère dans les travaux de la maison, d'après des témoins elle était dure avec elle-même.
Pendant cette période, c'est l'abbé Gombault-Duval, curé de la paroisse, qui était le confesseur et l'ami de la famille. Voir la page [Biographies] de cet abbé.
Puis, vient le drame qui bouleversa la vie de Charlotte et donna certainement une autre orientation à son destin. Le 8 avril 1782, la mère de Charlotte meurt, en mettant au monde un enfant mort-né. Si l'acte de décès de Mme d'Armont existe bien, voir [Biographies], on ne trouve aucun acte sur la naissance ou le décès de l'enfant, mais cela est normal puisqu'un enfant non baptisé n'existait pas.
Sur l'acte de décès, selon une formule habituelle, il est indiqué « ... inhumée dans le cimetière de ce lieu ... ». En 1782, le cimetière St-Gilles était en cours de fermeture, selon une décision prise en 1780 par Louis XVI. Les tombes étaient transférées dans un cimetière contigu au cimetière St-Pierre, encore existant aujourd'hui, classé par arrêté du 30 mars 1939. Les bombardements de 1944 l'ont gravement endommagé. Voir en bas de page l'extrait de la notice sur la paroisse St-Gilles.

Désemparé, ne pouvant plus subvenir aux besoins de sa famille, le père de Charlotte, avec ses enfants, quitte Caen et rejoint provisoirement son frère curé à Vicques. Ensemble ils vont rechercher une pension pour les 2 filles. Elles iront au couvent de l'Abbaye-Ste-Trinité. Le plus jeune fils ira chez ses grands-parents à Cauvigny. Lui-même retourne vivre au Ménil-Imbert, ferme des Bois.


Visite des lieux

Les travaux de modernisation apportés à la ville par François Bertrand (1797-1875), maire de Caen de 1848 à 1870, puis les bombardements de juin 1944 ont effacé beaucoup de traces de ce vieux quartier. L'église St-Gilles ne sera pas reconstruite mais des vestiges subsistent dans un petit jardin public. Des fouilles archéologiques de 1986 à 1998 ont permis de reconstituer les différentes phases de sa construction.
L'église est classée aux Monuments Historiques en 1862, ce qui n'empêche pas la démolition du choeur en 1864. En même temps elle perd son statut d'église paroissiale au profit de l'église Ste-Trinité. La paroisse St-Gilles est rattachée également à cette église Ste-Trinité.



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Plan parcellaire de 1810
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Plan Mappy aujourd'hui.
Plan parcellaire de 1810 (archives du Calvados). D'après la matrice cadastrale, le n°11 de la rue Basse est situé sur la parcelle 19. D'autres numéros de la rue Basse sont ainsi attribués à des maisons situées à l'intérieur des cours et sur les différents parcelles.
Pour se rendre à l'église St-Gilles, la famille d'Armont devait emprunter l'escalier de la Venelle Maillard, puis tourner à droite sur la rue Haute qui était dans le prolongement de la rue du Puits ès Bottes.
Plan Mappy aujourd'hui.
La rue Haute était la rue principale menant à l'abbaye aux Dames depuis le Vaugueux avant l'ouverture de la rue des Chanoines. La rue était divisée en deux sections jusqu'en 1889 : rue du Puits-ès-bottes (du Vaugueux jusqu'à la venelle Maillard) puis la rue Haute. La rue Haute est aujourd'hui coupée en deux en son milieu.
De nombreuses maisons sont démolies dans les années 1850 pour agrandir la cour intérieure qui est au niveau de la rue Basse.


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Vue des maisons de la rue Basse, avec à droite la venelle Maillard et son escalier. Neuf mètres de dénivellé entre la rue Basse et la rue Haute. Les maisons avec entrées sur la rue Haute sont particulièrement hautes pour compenser ce dénivellé. L'accès à la cour se fait par le n°11 de la rue Basse, porte de garage sur la gauche de la photo.


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A gauche, panneau explicatif, au coin de la rue Haute et de la venelle Bénard.

A droite, la maison portant le panneau n'est pas la maison de Charlotte Corday comme certains pourraient l'imaginer.


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Cimetière St-Pierre, Impasse du Doyen Morrière. Il est créé en 1783 pour remplacer les cimetères paroissiaux intra-muraux dont celui de St-Gilles.
Site N°14050 classé par arrêté du 30 mars 1939. Ce cimetière est très bombardé en 1944 et il sera amputé des 2 tiers de sa surface pour faire place à de nouvelles constructions ( source DREAL Basse-Normandie, 2013 ). Il fait partie des 5 "cimetières dormants de Caen".
Mme d'Armont, décédée en 1782, est probablement d'abord inhumée dans le cimetière St-Gilles puis déplacée vers ce cimetière St-Pierre. Sa tombe est (était) donc quelque part ici.


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Ci-contre à gauche, dans l'actuel "Square du Vieux St-Gilles" : panneau explicatif avec l'histoire de l'ancienne église St-Gilles.

A droite, photo ancienne colorisée de l'église St-Gilles, vers 1900. Le choeur a été démoli en 1864 pour permettre l'élargissement de la rue des Chanoines et libérer la vue vers l'Abbaye-aux-Hommes.


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Ci-contre à gauche, nouvel intérieur de l'église, début 20e siècle.

A droite, l'église en ruines après les bombardements de 1944.


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Les vestiges de l'église St-Gilles.

Histoire de la paroisse St-Gilles : télécharger un extrait de "Notice sur la paroisse St-Gilles, par Jules Pépin - 1884"



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