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Caen Saint-Jean
Résumé historique

Depuis sa sortie du couvent vers la fin 1790, Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont habite avec son père au Ménil-Imbert à la Ferme des Bois. Elle a maintenant 22 ans, la cohabitation est tendue, leurs convictions politiques ne sont pas tout à fait les mêmes.
Début juin 1791, probablement sur les conseils de son père, Charlotte décide de venir habiter chez une cousine de Caen, Mme de Bretteville, au Grand Manoir, 148 rue St-Jean. Voir la page [Biographie de ses proches].
C'est donc ici que Charlotte va demeurer jusqu'à son départ le 9 juillet 1793. Elle va rencontrer de nouveaux et nouvelles ami(e)s, lire énormément de publications de Caen et en faire venir de Paris.
Nourrie par ses lectures sur l'Antiquité grecque et romaine, Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont rêve d'une république idéale. Elle répète souvent, comme lors de son procès, qu'elle était républicaine avant la Révolution.
Elle déclara au tribunal avoir lu en 2 ans [...] plus de cinq cents brochures dans tous les genres [...].

En mai 1792, dans une lettre adressée à son amie Armande de Maromme, elle écrit [...] d'autant qu'on nous menace d'une très prochaine insurrection. On ne meurt qu'une fois, et ce qui me rassure contre les horreurs de notre situation, c'est que personne ne perdra en me perdant, à moins que vous ne comptiez à quelque chose ma tendre amitié. [...] (1)
Son amertume apparaît, elle ressent n'être rien pour personne. Sa mère est morte, son père et sa soeur ont leur vie ailleurs, ses amies sont loin. Elle a de moins en moins d'espoir d'avoir un foyer à elle, les jeunes hommes de son monde sont émigrés. Dit-elle un dégoût pour la vie, la tristesse d'une existence sans utilité et sans but, ou imagine-t'elle déjà le geste qu'elle fera ?

Au fil des mois, elle est exaspérée par :
  • Les massacres de septembre 1792 à Paris
  • L'exécution de l'abbé Gombault, ancien confesseur de la famille d'Armont, guillotiné à Caen le 5 avril 1793.
  • L'obligation de migrer pour ses 2 frères et pour son oncle curé de Vicques.
  • L'exécution du roi le 21 janvier 1793 (mais Charlotte le trouvait trop faible).
  • La chute des Girondins à la Convention et leur arrestation pendant les journées du 31 mai et du 2 juin 1793.
  • etc...

8 et 23 avril 1793, elle se rend à la maison commune (ancien Hôtel de Ville) pour obtenir un passeport, d'abord le 8 avril pour Argentan où habite son père ; puis le 23 avril, elle fait ajouter un visa pour Paris. Voir ce passeport sur la page [Son portrait].
Dans l'interrogatoire du 16 juillet (Dossiers du procès criminel de Charlotte Corday par Ch.Vatel, pages 45 et 46), à la question [...] "Quel est le nom de l'amie avec qui elle est allée pour faire viser son passeport à Caen ?". La réponse est "Qu'elle s'appelle Beaumont, qu'elle habite à Caen ... qu'elle demeurait à cette époque aux Bains Nationaux de Caen ..." [...]. C'est cette demoiselle de Beaumont qui a réalisé plusieurs tableaux de Charlotte, voir musée Lambinet, page [Versailles].
La même question est toujours posée : pourquoi avait-elle prévu d'aller à Paris ?
1- Elle voulait régler une affaire de pension concernant sa grande amie Alexandrine de Forbin, résidant en Suisse.
2- Elle avait déja l'idée d'aller supprimer Marat qu'elle connaissait au travers de ses lectures de journaux.
Charlotte a gardé ce secret pour elle seule.

En juin et juillet 1793, elle rencontre quelques uns des 18 députés girondins réfugiés à Caen dans l'Hôtel de l'Intendance, mais c'est principalement le député Barbaroux qu'elle va solliciter (voir les conditions de leurs rencontres plus bas dans cette page avec photos de l'Intendance).
La Terreur s'amplifie à cause de Marat ce sanguinaire que Charlotte juge responsable de tous les morts. Le 8 juin, la ville se soulève contre la Convention Nationale.

5 ou 6 juillet, elle se rend à Verson pour dire adieu à Mme Gautier de Villiers, sa cousine (voir la page [Verson]). Pensait-elle émigrer ou aller voir Marat ?

Dimanche 7 juillet, après la parade, sur le Cours la Reine (voir photos plus bas), destinée à un enrôlement de la population, elle constate que la réaction des députés Girondins et des Caennais n'est pas celle qu'elle espérait. Seulement 17 volontaires se sont présentés. (2)
Dans sa lettre à Barbaroux écrite en prison, Charlotte évoque ironiquement ce défilé : [...] J'avoue que ce qui m'a décidée tout à fait, c'est le courage avec lequel nos volontaires se sont enrôlés le dimanche 7 juillet. Vous vous souvenez comme j'en étais charmée et je me promettais bien de faire repentir Pétion des soupçons qu'il manifesta sur mes sentiments : « Est-ce que vous seriez fâchée s'ils ne partaient pas ? », me dit-il. Enfin donc j'ai considéré que tant de braves gens venant pour avoir la tête d'un seul homme qu'ils auraient manqué, ou qui aurait entraîné dans sa perte beaucoup de bons citoyens, il ne méritait pas tant d'honneur. Il suffisait de la main d'une femme. [...]. (3)
Alors dans le plus grand secret elle décide d'être la Judith qui sauvera la France, elle va aller assassiner Marat à la Convention. « J'ai tué un homme pour en sauver cent mille » dira-t'elle au procès.

7 ou 8 juillet, elle se rend Place St-Sauveur pour rendre des livres à Mme de Pontécoulant, ancienne abbesse de cette Abbaye Ste-Trinité fermée depuis août 1792. Elle l'informe aussi qu'elle part à Paris pour affaire. Voir plus bas ce lieu où étaient logées les religieuses de l'Abbaye. (4)

Lundi 8 juillet, elle réserve une place de diligence pour Paris.
Et sa malle ? Selon Georges Lenôtre en 1895 dans "Paris Révolutionnaire, page 216", elle aurait été déposée 3 jours avant au Bureau des Diligences, mais cette version semble fantaisiste puisque Charlotte n'avait pas encore décidé de partir. Selon d'autres versions, elle aurait fait porter sa malle le 8 juillet, ce qui semble plus vraisemblable.
Elle va aussi recevoir la lettre de recommandation (3) pour Duperret qu'elle avait sollicitée à Barbaroux, ainsi qu'un paquet de documents.

Mardi 9 juillet
(Nous avons des renseignements sur son départ et sur son voyage grâce aux réponses que Charlotte a faites le 16 juillet à l'interrogatoire de Montané et grâce à la lettre qu'elle a écrite à Barbaroux ce même jour.)

Avant de quitter sa chambre elle détruit tous les papiers qui auraient pu compromettre ses proches. La somme d'argent et divers objets trouvés sur elle ainsi que le contenu de sa malle sont décrits dans les procès-verbaux rédigés après son arrestation : voir le PV de Flagrant-Délit et le PV de la Perquisition.
Elle fait ses adieux à ses proches, sans avouer son but. Pour ne pas les compromettre, elle écrit à son père qu'elle part pour l'Angleterre (3), et à ses proches de Caen elle annonce qu'elle part pour Argentan.
Quelqu'un de son entourage l'a-t'elle accompagnée ce qui aurait dévoilé sa destination vers Paris ?
Le départ de la diligence est à 14 heures, ce mardi 9 juillet, au "Bureau des Diligences et Messageries" situé au n° 71 rue St-Jean, donc proche du domicile de Mme Bretteville.

Suite sur la page [Trajet Caen-Paris].

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Notes :
(1) En 1862, dans la « Revue des deux mondes », Casimir Périer publie dans « La jeunesse de Charlotte Corday », un manuscrit que lui avait confié Mme de Maromme => voir page [Biographie de ses proches]. Ce sont les souvenirs de cette dame, amie proche de Charlotte pendant son séjour chez Mme de Bretteville. La plupart des auteurs se référent à cette publication. Lire ce récit.

(2) [...] Le 19 juin, on ouvrit le registre des "volontaires" dans le chœur de l'église Saint-Étienne de Caen, avec défilé de la garde et des députés girondins sur le parvis. Le curé, Chaix d'Estange, avait donné l'exemple en s'inscrivant. Le procureur général syndic, le jeune "Hipolyte Bougon" en fit autant. Entraînés par ces hautes autorités et dans le premier feu de l'enthousiasme, quinze cent hommes s'étaient enrôlés. Mais quelques jours après, 1455 étaient allés rayer leur nom sur le registre. En vain on les invita à ratifier leur engagement. Il n'y eut que les 45 autres à le maintenir. Évidemment il y avait eu méprise. [...]. Extrait "La vraie figure de Charlotte Corday par E. Albert-Clément, p.201".

(3) Voir les lettres manuscrites sur la page [Autographes].

(4) Cette information est rapportée dans "Les Souvenirs de J.-B. Renée sur la Révolution à Caen (1789-1793)". Cet ouvrage est édité en 1934 par R.N. Sauvage d'après des manuscrits fournis par la petite-fille de Jean-Baptiste Renée (né le 02/04/1773 à Caen St-Pierre - décédé le 06/06/1855 au n°5 rue de l'Eglise St-Julien à Caen). C'est à l'âge de 80 ans soit 64 ans après la Révolution que ce vieux caennais rédigea ses souvenirs, vécus avec ses yeux de jeune homme de l'époque. Il y a quelques erreurs.
Voir un extrait concernant Charlotte Corday. Il était alors âgé de 20 ans, était employé dans l'Administration et s'occupait entre autres des affaires des anciennes religieuses de l'Abbaye Ste-Trinité.

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Autre ouvrage concernant cette période : « Charlotte de Corday et la mort de Marat par E. Defrance, 1909 », pages 57 et suite. Consulter en ligne

Quelques extraits du « Journal du Département du Calvados » de 1793. (Archives du Calvados)


Visite des lieux

Aujourd'hui, le "Confiseur-Chocolatier Charlotte Corday", situé au n° 114 rue Saint-Jean, revendique être à l'emplacement même de la maison de Charlotte Corday. Ce qui n'est pas tout à fait exact, voir l'explication en bas de page « Maison Charlotte Corday, une maison baladeuse ».

Voir le n°114 rue St-Jean sur GoogleMaps et StreetView
Petit rappel pour accéder à StreetView après l'ouverture de la carte : cliquer sur l'image de StreetView ou déplacer le petit personnage en bas à droite. En se déplaçant dans l'image, l'église St-Jean apparaît.

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Voir la page "Caen St-Jean - Annexe 2" pour l'Histoire de la rue St-Jean et de son église.



Le Grand Manoir

Dans un corps de bâtiments appelé « Le Grand Manoir », Mme Bretteville habitait au premier étage de cette maison de deux étages avec 2 fois 3 fenêtres donnant sur la rue St-Jean. Un petit porche donnait accès à une petite cour intérieure. A l'extrémité de cette cour, un escalier permettait à Charlotte de monter dans sa chambre. Au rez-de-chaussée, sur la rue, une boutique avec un atelier était utilisé par le menuisier Lunel.
Avant que Mme Brettevile s'installe ici, c'était une demoiselle Marie-Anne Thouars de la Chevallerie, appartenant à une bonne famille, qui habitait cette maison. Son très gros défaut était la consommation de fortes doses d'alcool en tous genres. C'est ainsi que le 3 juin 1782, on retrouva cette personne carbonisée devant sa cheminée. Ce phénomème est connu et décrit dans le livre « Essai sur les combustions humaines produites par un long abus des liqueurs spiritueuses, par Pierre-Aimé LAIR en 1800 ». Le drame concernant Marie-Anne Thouars y est décrit avec tous les détails macabres à partir de la page 30. Ouvrage consultable sur GoogleBooks. Voir l'acte de décès, avec description des causes de la mort.
Mme de Bretteville était de ses héritiers, c'est ainsi qu'elle emménagea avec son mari et sa fille au 148 rue St-Jean. Le mari et la fille décédèrent en 1788 (actes non retrouvés).
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Maison dite de Charlotte Corday, 148 rue St-Jean.
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Extrait du plan Boache de 1747.

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Extrait du plan parcellaire de 1810.
Ci-contre à gauche, représentation du Grand Manoir au 18e siècle, 148 rue St-Jean, maison de Mme Bretteville.
(Fiche Joconde : Lithographie de A.Peron, 19eme siècle. Musée Pierre Corneille du Petit-Couronne, Seine-Maritime.)
Les témoins de l'époque nous apprennent que cette maison était située en face du portail de l'église St-Jean et de la rue des Carmes. Lamartine dans « Histoire des Girondins-tome13-5, 1847 » nous en fait une description très romantique, éloignée de la réalité. M.F. Demiau de Crouzilhac, en 1847, réédition en 1852, nous en fait une autre description plus réaliste dans « Notice sur la maison habitée à Caen par Charlotte Corday ». Livre consultable sur Google Books. Dans sa note de 1852 il est cependant regrettable que l'auteur ait confondu la nouvelle maison avec l'ancienne qui existait toujours (voir explications plus bas).
Ci-contre à droite, extrait du plan Boache de 1747. En rouge, le Grand Manoir. Côté nord, l'Hôtel de Faudoas avec son parc qui sera détruit en 1833 pour permettre l'ouverture de la rue Jean Romain. Le portail de cet hôtel sera remonté à l'entrée de l'établissement du Bon Sauveur et existe encore aujourd'hui. Voir photo plus bas.
Egalement à droite, extrait du plan parcellaire de 1810. La parcelle 71 représente la maison de Mme Bretteville avec le passage menant de la rue à la cour. Rappelons que l'accès à la chambre de Charlotte, au premier étage du bâtiment, était possible par la cour et par un escalier en pierre mais aussi par un corridor entre l'appartement de Mme Bretteville et cette chambre. Face à cette maison, la rue des Carmes et en bleu l'église St-Jean.

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Maison dite "Charlotte Corday" au 138 rue St-Jean.

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Maison dite "Charlotte Corday" au 138 rue St-Jean.
Ci-contre à gauche, façade du n°148 rue St-Jean, vue depuis la rue des Carmes (Revue illustrée du Calvados, mai 1912). Dans l'article de la revue, cette maison, comme pour la plupart des récits la concernant à cette époque, est considérée comme ayant été reconstruite.
Au-dessous, carte postale avec le titre :
« CAEN - Cour du Manoir - Maison où habita Charlotte Corday »
(Carte postale du début 20eme siècle, archives du Calvados).
La maison, au centre de la photo, est la véritable maison de Mme Bretteville au n°148. Par contre, sur les côtés et à l'arrière ce sont des bâtiments reconstruits vers 1850 pour tenir compte des nouvelles constructions du quartier. Il est probable que la chambre de Charlotte n'existait plus après ces opérations. Tout sera détruit en juin 1944.
Voir l'encadré, plus bas dans cette page, pour l'analyse et le résultat des recherches sur cette maison.

Ci-contre à droite, maison dite "Charlotte Corday" au 138 rue St-Jean. Immeuble de type haussmannien construit vers 1850. Détruit en juin 1944 par les bombardements. Sur la gauche, on aperçoit le portail de l'église St-Jean, puis la rue des Carmes. Carte postale, datée vers 1908-1910.

Ci-contre à droite, même maison que précédemment vue sous un autre angle, avec la rue Jean Romain à droite. Confiserie Gabriel Mollier. Photo début 20eme siècle, extrait de "Caen par Pierre Gouhier".


photo Dans presque tous les ouvrages, il est de tradition d'indiquer que la maison de Mme Bretteville a été détruite en 1850 et qu'un nouvel immeuble moderne a pris sa place. Les biographes de Charlotte Corday et les cartes postales du début 20e siècle décrivent systématiquement cet immeuble situé à l'angle de la rue Jean Romain comme étant « Maison de Charlotte Corday ». La cause en est donc entendue ?
NON, l'historien Janos Seremetyeff-Papp, passionné par l'histoire de Charlotte Corday, va comparer attentivement les cartes postales du début 20e siècle avec la gravure du 19e.
Sa réponse est claire : la maison de Mme Bretteville n'a pas été détruite en 1850 mais pendant les journées du 6 et 7 juin 1944. Voir la démonstration sur la page "Caen St-Jean - Annexe 1".
Une question reste cependant posée : pourquoi la véritable maison de Mme Bretteville/Charlotte Corday est-elle tombée dans l'oubli pendant près d'un siècle (1850-1944) ???



La visite se poursuit...

Autres photos du n° 148, maison de Mme Bretteville.

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Inondations de 1910. Le balcon métallique devant 2 fenêtres est nouveau.   Inondations de 1925.   Le n° 148 vu partiellement de la tour centrale de l'église (Source Cadomus).   Le Grand Manoir vu de l'arrière, sur la droite des photos. (Source "Visages de Caen 1944, hier et aujourd'hui", photos et édition Delassalle).


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Ancien portail de l'Hôtel de Faudoas.
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Chocolatier Charlotte Corday au 114 rue St-Jean.

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Portrait de Charlotte dans la vitrine du chocolatier.
Ancien portail (18e siècle) de l'Hôtel de Faudoas, entrée de l'établissement public de santé mentale de Caen, 93 rue Caponière. Une partie de l'établissement est maintenant transformé en logements d'habitations.
Ce portail donnait accès à l'hôtel de Faudoas, 138 rue St-Jean. Ce dernier fut détruit en 1833 par l'architecte départemental Harou-Romain pour ouvrir la nouvelle rue Jean Romain, du nom de son père qui fut le premier architecte départemental. Le portail fut alors démonté et remonté en 1834 à son emplacement actuel.
Pour mémoire, Charlotte Corday était voisine de la jeune Eléonore de Faudoas qui habitait cet Hôtel de Faudoas. Lire le destin de cette jeune fille dans la page [ Biographie de ses proches ].

A droite, Chocolatier Charlotte Corday au 114 rue St-Jean, boutique considérée encore aujourd'hui, à tort, comme étant à l'emplacement de la « Maison de Charlotte Corday ».
Portrait de Charlotte situé dans la vitrine du magasin. Signé D. de Boismenu d'après Lamuse.

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Autres lieux fréquentés par Charlotte

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Hôtel de l'Intendance.


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Hôtel de l'Intendance en 1944.
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Hôtel de l'Intendance, jardin.

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Plan de 1940.
A gauche et à droite, photos de l'Hôtel de l'Intendance au n°44 rue des Carmes (construit vers 1770, parcelles n°108 et 109 de la matrice cadastrale). C'est ici que se réfugièrent, à partir du 12 juin 1793, 18 députés girondins proscrits, risquant d'être arrêtés après la victoire des Montagnards les 31 mai et 2 juin 1793. A partir de ce jour les Montagnards auront les mains libres pour instaurer la Terreur.
Charlotte se rendit ici 3 fois, accompagnée par le domestique de Mme de Bretteville, pour rencontrer le député Charles Barbaroux (1) et obtenir une lettre de recommandation auprès du député Duperret à Paris au sujet d'une pension pour son amie Alexandrine de Forbin. Elle reçoit cette lettre la veille de son départ, ainsi qu'un paquet de documents pour Duperret.
Vue de l'entrée côté Rue des Carmes et vue côté jardin.



A gauche, photo de l'Hôtel de l'Intendance après les bombardements de 1944. Il ne sera pas reconstruit.
A droite, en rouge, situation de l'Hôtel de l'Intendance (extrait du plan de Caen en 1940). Images sgmcaen.free.fr et cadomus.org.

Pour l'anecdote, à côté de cet hôtel il y avait l'Hôtel d'Harcourt (au n°42, parcelle n°110) où Louis XVI passa la nuit du 26 au 27 juin 1786 au retour de son voyage à Cherbourg. Très tôt le matin du 27, il se rendit pour la messe dans la petite chapelle de l'Intendance, au rez-de-chaussée de l'aile gauche (2).

Notes:
(1) Charles Barbaroux (1767-1794), député girondin proscrit. Voir sa biographie dans la page [Vie sentimentale]. Il était en parenté avec Mlle de Forbin ce qui facilita ses rapports avec Charlotte.
(2) Cet Hôtel de l'Intendance avait une terrasse surplombant le jardin avec jardins d'agrément. Un étang, large de 5 mètres séparait l'Intendance de l'Hôtel d'Harcourt (Affiches, Annonces et Avis divers de la Basse-Normandie", 2 et 9 juillet 1786 et "Caen" par Pierre Gouhier en 1986).

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Venelle aux Chevaux en 1810.
Le 12 mai 1792, alors qu'il habitait au Mesnil-Imbert, Jacques François de Corday d'Armont, père de Charlotte Corday, est victime d'une tentative d'assassinat par un maréchal-ferrant de Montpinchon, Jean-Louis Bellaunay. Pour les détails de l'affaire, voir les pages 40 et suivantes de « La maison de la rue du Bègle à Argentan par Charles Vattel, 1872 », consultable sur la page [Argentan].
Après une plainte déposée le 18 mai, Monsieur d'Armont décida de quitter Ménil-Imbert où il ne se sentait plus en sécurité. Il vient se réfugier à Caen à cette même date, chez Le Vallois, Hôtel de la Coupe d'Or, Venelle aux Chevaux (Xavier Rousseau, p134).
Le 31 janvier 1793, les évènements devenant critiques pour lui pour cause d'émigration (*), Monsieur d'Armont décide de quitter Caen et de se rapprocher de Ménil-Imbert en habitant à Argentan dans une maison discrète.
Pour Charlotte, pendant cette période de 8 mois, il était facile de venir rendre visite à son père et réciproquement.

Ci-contre, extrait du cadastre de 1810 avec la Venelle aux Chevaux. L'emplacement de l'Hôtel de la Coupe d'Or est inconnu (à rechercher). Comme pour toutes les constructions voisines, cet Hôtel est démoli en 1855/1856 suite à l'élargissemnt de cette venelle qui deviendra rue de l'Impératrice pendant l'Empire, puis rue de Strasbourg en 1871 après la défaite de Sedan.
(*) Monsieur d'Armont avait refusé de prêter le serment civique et était inscrit sur la liste des émigrants obligatoires.

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Rue Notre-Dame en 1830.
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Plaque de rue.

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Rue St-Pierre.
A gauche, gouache anonyme de 1830 représentant la rue Notre-Dame (actuellement rue St-Pierre), l'église Notre-Dame de Froiderue (actuellement St-Sauveur) et la Venelle aux Chevaux sur la gauche. (source "Charlotte Corday, itinéraire d'une courte vie", par Philippe Déterville).

A droite, vue actuelle, même endroit. La rue de Strasbourg est à gauche.

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Plaque de rue.

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Place St-Sauveur.
D'après « Les souvenirs de JB Renée ... », Charlotte Corday allait Place St-Sauveur pour rendre visite à Mme de Pontécoulant, ancienne abbesse de l'Abbaye Ste-Trinité (*). Depuis la fermeture de cette Abbaye le 17 août 1792, elle logeait dans la deuxième maison à partir de la rue Pémagnie, aujourd'hui n°16 de la rue Pasteur (maison en retrait sur la photo). Contrairement à beaucoup de quartiers de Caen détruits en 1944, cette place St-Sauveur a subi peu de dommages et toutes ces maisons du 18e siècle sont authentiques. Comme témoin du passé ces plaques de rue rappellent que la place était un lieu d'éxécution publique. Cette place s'est appelée successivement place du Grand Marché, place du Vieux Marché, place du Pilori, devient Place Sauveur au 18e siècle (ordonnance de 1778) et place de la Justice à la Révolution. Pendant la période révolutionnaire il y avait une guillotine et c'est ici que l'abbé Gombault fut éxécuté.
Dans cette retraite, l'abbesse était accompagnée par 14 soeurs. Ce n'était qu'un petit groupe de toutes les religieuses qui avaient été chassées de l'Abbaye. Tous les noms sont listés dans l'ouvrage de JB Renée.
Ce dernier était présent Place St-Sauveur le 7 ou 8 juillet 1793 et se souvient de la visite de Charlotte Corday. Elle rapportait des livres à Mme de Pontécoulant et lui faisait ses adieux en l'informant qu'elle partait à Paris pour affaire.
Lorsque l'Abbesse apprendra le geste de Charlotte, elle en sera très fâchée : [...] l'action de Mlle de Corday était contraire aux principes de la morale et de la religion, elle était morte en païenne [...].
Voir la fin du chapitre "Résumé Historique" pour la biographie de JB Renée et un extrait de ses souvenirs.

(*) Charlotte était toujours restée en contact avec les religieuses depuis sa sortie du couvent. Mais il existe une interrogation sur la date de son départ. Le 20 décembre 1790, elle a acheté à la Ste-Trinité de Caen, pour 4 livres, un Typus Mundi aujourd'hui conservé au Musée Carnavalet de Paris. Voir la page [Postérité-Reliques]. Cet achat a-t'il été fait au moment de son départ de l'abbaye ou est-elle venue de Mesnil-Imbert où elle habitait avec son père et sa petite soeur ?

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Ancien Hôtel de Ville.
Séminaire des Eudistes, de 1664 à 1792. Construit au milieu du 17e siècle par saint Jean Eudes, il a été acquis par la municipalité caennaise en 1792, pour y installer la maison commune qui était auparavant dans l'Hôtel d'Escoville. Ce batiment a disparu sous les bombes le 7 juillet 1944.
Le 8 avril 1793, c'est ici que Charlotte Corday est venue afin d'obtenir un passeport pour aller à Argentan chez son père. Elle y revient le 23 avril pour un additif sur son passeport pour aller à Paris.
Dans l'interrogatoire du 16 juillet (Dossiers du procès criminel de Charlotte Corday par Ch.Vatel, pages 45 et 46), à la question [...] "Quel est le nom de l'amie avec qui elle est allée pour faire viser son passeport à Caen ?". La réponse est "Qu'elle s'appelle Beaumont, qu'elle habite à Caen ... qu'elle demeurait à cette époque aux Bains Nationaux de Caen ..." [...]. C'est cette demoiselle de Beaumont qui a réalisé plusieurs tableaux de Charlotte, voir musée Lambinet, page [Versailles].
Photo carte postale du début 20e siècle, archives du Calvados.

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Statue de Judith.


Dans la cour de l'Hôtel d'Escoville, 16e siècle, statue de Judith tenant la tête d'Holopherne. Charlotte connaissait très bien l'Histoire de l'Antiquité et ce personnage de la Bible l'inspira. Les écrivains surnomment souvent Charlotte "Judith moderne" ou "Judith normande".
Aujourd'hui cet Hôtel abrite l'Office du Tourisme de Caen, Place St-Pierre. Plus de détails sur cet Hôtel dans la page [Vie sentimentale-annexe].

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Cours Général Koenig.
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Cours Général de Gaulle.
Ci-dessus, La Prairie avec l'hippodrome, le Cours Général Koenig à gauche et le Cours Général de Gaulle à droite. Ci-contre à gauche, ce cours est appelé le "Grand Cours" en 1691 (Gervais de La Rue, Caen, 1842 T2 p414), puis "Cours Général Koenig" dans les années 1970. Aujourd'hui c'est toujours un espace de promenade ainsi qu'une voie cycliste dans le parcours "Vélo Francette de Ouistreham à La Rochelle".
Ci-contre à droite, dès 1676 ce cours est planté et appelé le "Petit Cours" (même source ci-dessus), puis "Cours la Reine", "Cours Sadi Carnot" et enfin "Cours Général de Gaulle". Temporairement durant la Révolution il est appelé "Cours National". Sur cette photo, le Cours Koenig est au fond à droite, perpendiculaire au Cours de Gaulle. De 1952 à 1958, ces cours faisaient partie du circuit de la Prairie pour le "Grand Prix Automobile de Caen".
Il existe une confusion avec ces 2 cours. D'après différents récits, le défilé du 7 juillet 1793 se déroula, selon les uns sur le Cours la Reine, et selon les autres sur le Grand Cours. Deux témoins de l'époque ne font pas le même compte-rendu : pour Frédéric Vaultier, c'est sur le Cours la Reine et pour J.B Renée, c'est sur le Grand Cours. Mais en réalité c'est sur le Cours la Reine (voir l'affiche du rassemblement, page 229) que se déroula, devant le Général de Wimpffen, la parade des troupes fédéralistes pour encourager l'enrôlement des Caennais. Charlotte Corday était présente, voir la date du 7 juillet plus haut dans cette page.
Sources : Souvenirs de l'Insurrection Normande dite du Fédéralisme en 1793, par F. Vaultier, 1848. Les Souvenirs de J.-B. Renée sur la Révolution à Caen, 1934.

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L'Abbaye aux Hommes et l'Hôtel de Ville de Caen.
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Portrait de Charlotte Corday.
Ci-contre à gauche, l'Hôtel de Ville dans les bâtiments conventuels de l'Abbaye aux Hommes (dénommée ainsi depuis la Révolution). Cette abbaye bénédictine, appelée Abbaye Ste-Etienne, fondée par Guillaume le Conquérant, est dédicacée le 18 juin 1066. Ces bâtiments de l'Hôtel de ville ont été reconstruits au 18e siècle. Comme pour l'Abbaye St-Trinité (ou Abbaye aux Dames), le monastère est fermé par la Révolution en 1790.
Le tombeau de Guillaume le Conquérant est dans l'église abbatiale Ste-Etienne depuis 1087, mais a été déplacé plusieurs fois dans le choeur agrandi au 13e siècle, où il demeure toujours.
Dans cette abbaye, un évènement se produisit qui aurait pu changer le destin de Charlotte Corday, et d'ailleurs elle a peut-être pu y assister. Voir les conséquences plus haut à la date du 7 juillet.
[...] Le 19 juin 1793, on ouvrit le registre des "volontaires" dans le choeur de l'église Saint-Étienne de Caen, avec défilé de la garde et des députés girondins sur le parvis. Le curé, Chaix d'Estange, avait donné l'exemple en s'inscrivant. Le procureur général syndic, le jeune "Hipolyte Bougon" en fit autant. Entraînés par ces hautes autorités et dans le premier feu de l'enthousiasme, quinze cent hommes s'étaient enrôlés. Mais quelques jours après, 1455 étaient allés rayer leur nom sur le registre. En vain on les invita à ratifier leur engagement. Il n'y eut que les 45 autres à le maintenir. Évidemment il y avait eu méprise [...]. Source "La vraie figure de Charlotte Corday par E. Albert-Clément, p.201".

A droite, portrait dans une salle à manger de l'Hôtel de Ville.
Titre du tableau : Charlotte Corday en prison. Portrait réalisé en 1842 par Augusta Lebaron-Desves. Propriété de l'Etat en dépôt au Musée des Beaux-Arts de Caen, et exposé dans l'Abbaye-aux-Hommes.

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Cour de l'hôtel d'Angleterre.
A gauche, face à la rue de Bernières, le n° 71 rue Saint-Jean était le siège des "Messageries royales" jusqu'en 1835. Ensuite, un premier café y est ouvert avant le café de Madrid, tout à gauche sur la carte postale.
La cour du 71 a longtemps gardé le surnom de "cour des messageries", photo de droite. Tout est détruit en 1944 (source cadomus.org).
C'est donc à cette adresse que Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont prend la diligence pour Paris, le mardi 9 juillet 1793 à 14 heures.
Dans "Le roman de Charlotte Corday", en 2013, Hélène Maurice-Kerimer propose un autre lieu de départ. Elle écrit page 220 : [...] Pour m'en convaincre encore, je m'arrêterai tout à l'heure à l'hôtel d'Escoville, qui se trouve juste à côté du relais de poste d'où je partirai pour Paris. Cette demeure possède une belle cour intérieure ouverte aux passants. On peut y voir, nichée dans une alcôve creusée dans la façade ouest, une sculpture en pied de Judith. Elle tient d'une main la tête d'Holopherne pendue par les cheveux, de l'autre le cimeterre encore sanglant par lequel l'homme a péri. Son allure altière, son regard fier et lointain tourné vers l'Olympe, impressionnent. Je veux fixer cette image. Je veux qu'elle m'accompagne et soutienne mon bras lorsqu'il me faudra agir. [...]
Il est vrai qu'un relais de poste existait rue St-Pierre, donc proche de cette cour, mais apparu au 19e siècle, en concurrence des "Messageries royales". Dans un roman, il est agréable d'imaginer ce tête à tête de Charlotte et de Judith. Cette cour étant ouverte, Charlotte connaissait cette statue et son histoire depuis longtemps. Voir photo plus haut et aussi une description de l'hôtel d'Escoville dans la page "Vie sentimentale-annexe".

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Pendant les dernières années de son séjour dans l'Abbaye St-Trinité et lorsqu'elle logeait rue St-Jean, Charlotte Corday a eu l'occasion de voir de nombreux monuments de cette ville. Beaucoup sont encore visibles mais certains ont disparu depuis 1944. Aujourd'hui, elle aurait beaucoup de difficultés pour reconnaître cette ville qui a bien changé, d'abord dans les années 1850, puis après 1944.
Voir une liste des monuments historiques.

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Iconographie

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Sculpture CH M A CORDAY.
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Charlotte Corday dans sa chambre.
Sculpture représentant CH M A CORDAY avec un couteau, sur la façade sud-ouest de l'Hôtel Malherbe faisant face au Cours la Reine de 1793.
Cet hôtel inauguré en 1933, occupé par la kommandantur en 1940, bombardé en juin 1944 et reconstruit en 1950, est fermé depuis le 31/10/2014. Transformation en appartements prévue en 2016.

"Charlotte Corday dans sa chambre à Caen en 1793". Gouache de J. Xavier Mallet (?), Musée Lambinet de Versailles.

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Charlotte Corday et Mme Bretteville.
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Charlotte Corday quitte définivement sa chambre.
A gauche. Cette peinture de Jean-Jacques Scherrer (1855-1916) représente Charlotte Corday et Mme Bretteville, sur leur balcon de la rue St-Jean, devant les volontaires partant vers Paris pour chasser les "anarchistes". Leur parcours sera stoppé au Château de Brécourt, dans la "bataille sans larmes". Voir la page [ Biographie de Wimpffen ].
Ce tableau intitulé "Charlotte Corday à Caen" est présenté au salon SNBA (Société nationale des beaux-arts) en 1894. Musée Charles de Bruyères à Remiremont, Vosges.

A droite. Partant pour Paris, Charlotte rencontre le jeune Louis Lunel à qui elle donne son carton à dessins. En 1909, Eugène Defrance raconte ainsi le départ de Charlotte :
[...] Charlotte prit aussi un carton contenant quelques dessins exécutés par elle, et un porte crayon ; lentement elle descendit l'escalier de pierre qui conduisait dans la petite cour. Sur les dernières marches, elle rencontra, assis, un enfant qui lui souriait. C'était Louis Lunel, fils du menuisier, jeune garçon alors âgé de quatorze ou quinze ans, et qui aimait les images : « Tiens, dit-elle en lui remettant le carton à dessins et le porte-crayon, voilà pour toi. Sois bien sage et embrasse moi ; tu ne me reverras plus ». Elle tendit sa joue à l'enfant et lui rendit son baiser. Cette caresse était la dernière qu'elle devait recevoir, et la dernière qu'elle devait donner. [...]
D'autres auteurs racontent le départ différemment, comme Chéron-de-Villiers en 1865 et Jeanette Van Alstine en 1890 :
[...] En descendant l'escalier, elle donna son carton à dessins et le porte-crayon à Louis Lunel, puis sur le chemin des Messageries elle aperçoit son amie Mme Malfilâtre à sa fenêtre. Elle l'embrassa ainsi que son fils âgé de seize ans. Ce fut le dernier baiser qu'elle donna sur terre. Le jeune homme grandit et vieillit, envié et admiré de ses voisins, comme s'il eut été marqué au front par le doigt d'un ange. Il est mort à 75 ans en 1861, dans le département de Saône-et-Loire, fier encore de ce souvenir. [...]


Petit clin d'oeil :

« Maison Charlotte Corday, une maison baladeuse ».
Le nom de Charlotte Corday est trop célèbre en Normandie pour ne pas être utilisé.
Sur la carte ci-dessous, 3 batiments ont été successivement appelés « Maison de Charlotte Corday ».
En rouge, origine, la maison du Grand Manoir où habitait Mme de Bretteville, n°148 rue St-Jean.
En orange, un nouvel immeuble, au n°138 rue St-Jean, créé vers 1850 à l'angle de la nouvelle rue Jean Romain, remplaçant une partie du Grand Manoir et s'attribuant du nom de Charlotte Corday.
En jaune, le magasin de chocolat actuel construit en 1950, au n°114 du nouveau tracé de la rue St-Jean.
En complément, en bleu, l'Hôtel de l'Indendance, position approximative.

La carte de l'ancien quartier se superpose au plan de Caen actuel.
Survoler avec le curseur de souris pour effacer l'ancien quartier.


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Merci à Michel Le Querrec et à son site Caen dans la seconde guerre mondiale ainsi qu'aux intervenants du forum de l' Association Cadomus pour leur participation à la documentation sur la maison de Charlotte Corday.


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